Genèse du projet
Après le diagnostic avéré d’un cancer et le long protocole de soins (opérations, chimiothérapie, radiothérapie, kinésithérapie, hormonothérapie), se reconstruire apparaît comme une nécessité absolue.
Après avoir côtoyé les différents services hospitaliers et structures spécialisées, j’ai constaté que les patientes, comme moi, en parcours de soins, traversent une période de convalescence qui ouvre une nouvelle période de questionnements sur l’avenir, sur le sens de leur vie et les combats à mener.
De plus, à la fin des protocoles, certaines personnes se sentent confrontées à un sentiment d’isolement et d’abandon, seule face à la peur de la récidive, après l’arrêt des soins.
Des études mettent en évidence les effets bénéfiques de l’activité physique adaptée et du lien social sur le bien-être global des personnes en rémission.
La création d’un jardin partagé s’est ainsi imposée comme un support simple et accessible favorisant la reconstruction personnelle, l’entraide et la reprise progressive d’activité.
Dès 2022, une parcelle de 558 m², située dans le quartier des maraîchers à Colmar, a été identifiée comme étant la propriété de la Ville de Colmar et un terrain en friche depuis de nombreuses années.
Le 12 avril 2024, l’association « Le Jardin Partagé des Roses » a été inscrite au registre des associations de droit local au Tribunal Judiciaire de COLMAR, avec 8 membres fondateurs, et identifié dans le champ de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS).
Le 13 mars 2025, une convention d’occupation précaire a été signée entre la Ville de Colmar et l’Association pour mettre à disposition la parcelle durant 12 ans.
L’objet de l’association

L’association « Le Jardin Partagé des Roses » vise à l’accompagnement des personnes touchées par un cancer en proposant des activités de jardinage et de bien-être.
L’association poursuit un but non lucratif.
L’objectif général est de permettre à des femmes de se reconstruire à travers ce lieu de vie et d’échanges, par une activité en milieu naturel, l’appropriation d’un petit carré à aménager et des activités annexes favorisant l’entraide et les démarches positives.
Les actions
Ce jardin à vocation de bien-être et de reconstruction personnelle est lancé à titre expérimental, avec une capacité d’accueil initiale de 10 à 15 participantes, principalement issues de Colmar et de son agglomération. Cette capacité correspond aux contraintes matérielles actuelles du site et pourra évoluer en fonction du développement du projet.
Cette association est innovante et très peu développée en France. Des espaces communs sont dédiés à la convivialité et à la détente en période estivale
Pour ce faire, chacune est invitée à exprimer sa créativité dans un petit espace à elle, à travers des carrés individuels à aménager selon son souhait (légumes, fruits et/ou fleurs).
Le périmètre des actions
Le jardin constitue un lieu de vie favorisant le bien-être, la reconstruction personnelle et le lien social. L’association s’adresse prioritairement à des personnes touchées par un cancer, tout en restant ouverte à toute personne souhaitant participer au projet associatif. Le jardin propose de mettre en place tous projet à même de favoriser la remise en forme des adhérentes à travers des activités de jardinage, mais également d’échanges.
Le jardin est avant tout un lieu de vie, de rencontre et de convivialité pour rompre l’isolement, faire intervenir des acteurs et des partenaires extérieurs dans différents domaines en lien avec la maladie et dans des activités variées, tels que culturels, artistiques, de bien être….
La pratique des activités proposées dans le cadre du jardin partagé ne doit être incompatible à la santé des adhérentes de l’association (consignes sur les ports de charge, déclaration d’aptitude à l’adhésion, gants obligatoires ...)
Favoriser le bien-être et la reconstruction personnelle : un jardin a des vertus thérapeutiques qui promeuvent l’activité physique, au rythme de chacun, par la reprise progressive de mouvements jusqu’alors limités par d’éventuelles opérations de chirurgie. Chacun (e) devra adapter son effort et sa gestuelle, selon ses capacités (port de charge limité, répétitions de gestes…)
Les enjeux et le sens de l’action
Donner du sens : Après le choc de la maladie, la vie prend toute sa valeur, en quête de reconstruction autour de projets constructifs et positifs. Un jardin symbolise une forme de renaissance en lien avec la nature et des personnes traversant les mêmes épreuves.
Créer du lien : les échanges entre femmes ayant traversé cette épreuve s’avèrent indispensables. A travers l’activité de jardinage, le temps passé ensemble permet de se changer les idées, de s’épauler, de se donner des conseils et de se rassurer (sentiment d’appartenance à un groupe solidaire), mais aussi de se rendre service et faire partie d’un réseau solidaire.
(re) Découvrir le jardinage et ses vertus : apprendre progressivement de nouvelles techniques de permaculture et de combinaisons vertueuses des plantes et de fleurs. Le jardin n’a pas pour objet de réaliser un rendement ou une production. Il s’agit de faire une activité de jardinage qui reflète la beauté de la vie ou du travail collectif et solidaire..
Lancer une dynamique : l’isolement exclus n’est pas moteur d’initiatives et d’actions. Se rencontrer autour d’un jardin apporte, sans conteste, de l’énergie, de la gaieté et de la convivialité. Etre actrice de sa santé est déterminant dans un parcours de reconstruction tout comme rebondir personnellement et professionnellement après une telle épreuve.
Répondre aux préoccupations d’une vie plus saine : le jardin sensibilise indirectement aux bienfaits de la nature, du mouvement et des modes d’alimentations plus sains et adaptés (consommation de ses propres productions biologiques cultivées dans le respect de l’environnement).
Des espaces individuels et collectifs en fleurs et en légumes
Des espaces individualisés intégrés au projet collectif : (environ 200 m²)
Sur la base de la méthode de Anne-Marie NAGELEISEN, primée pour le potager en carré dans les jardins du château de Versailles, le principe du potager en carré est simple et esthétique : sur des carrés surélevés de 120 cm de cotés divisés en 9 emplacements, on plante des légumes, des aromatiques et des fleurs qui attirent les insectes pollinisateurs tout en protégeant des maladies.
Cette méthode très pédagogique permet également de favoriser des échanges sur ces pratiques pas toujours connues

Le jardinage en permaculture, convient particulièrement bien au projet car :
-> il permet de personnaliser chaque carré confié à chaque adhérente du jardin,
-> il s’adresse à des débutantes qui ne souhaitent pas y consacrer trop de temps, et sur une petite surface
-> il met en avant un jardinage écologique et pédagogique tout en gardant des espaces collectifs qui donnent une certaine cohérence à l’ensemble.

Des espaces plus collectifs : (environ 300 m²)

Il est proposé également de créer (selon les perspectives de développement d’effectifs) des roulements sur les parties de jardin plus collectives et de plus grande échelle (ex : culture de pommes de terre, lignes de tomates et de fruits rouges, cueillette sur des arbres fruitiers).
L’espace collectif comprenant un abri de jardin convivial sera aussi dédié à des temps de détente, d’échanges et de formation (interventions sur les techniques de jardinage, de compostage, permaculture, mais dans d’autres domaines comme la nutrition par exemple).
Des permanences pour l’accueil des adhérentes : les vendredis après-midi et samedis après midi de 16h à 19h. La partie réservée aux carrés est accessible à chacune par un code d’entrée.
Les membres fondateurs de l’association
Cette association a été fondée, conformément au droit local, par 8 membres fondateurs directement concernés par la pathologie et engagés dans différents domaines pour développer et faire vivre le jardin.
Ainsi, par ses compétences respectives, chacun y apporte une contribution.
Cécile WEISS, Présidente : de niveau ingénieure en Ecole de Commerce, son parcours professionnel s’est essentiellement exercé dans la fonction publique en qualité de gérante du Camping de Colmar durant plus de 10 ans ou en travaillant à des montages de projets liés au développement économique. De tempérament très sportive (pratique de trail, vélo, ski), encadrante bénévole au Club Alpin de Colmar, elle s’est intéressée au jardinage en aidant à cultiver le potager d’une amie. Atteinte par la maladie en 2022, elle oriente sa trajectoire de vie désormais vers l’entraide des femmes ayant traversées cette même épreuve.
Elle intervient au service oncologique des Hôpitaux Civils de Colmar pour apporter un témoignage sur son parcours thérapeutique, inciter à bouger, comme elle le fait avec PINK, sa chienne malinoise de sauvetage contre la maladie.
Catherine DOMINE, Vice-Présidente : titulaire d’un BTS Assistante de Gestion PME/PMI, elle s’investit depuis 2007, dans le champ de l’insertion socio-professionnelle, principalement dans le domaine du placement de demandeurs d’emploi de très longue durée. Elle aime aider les autres et voudrait, si elle le pouvait prendre leur peine pour leur permettre d’aller mieux.
Atteinte d’une pathologie invalidante, elle essaie de prendre soin de son corps et de son âme, par le biais d’activités sportives, virus que lui a communiqué Cécile.
Le jardinage lui permet d’oublier pour un temps, son travail qu’elle prend trop à cœur, mais aussi, le fait d’être éloignée de sa famille. Sa devise : un petit bonheur par jour.
Dominique SCHMIDLIN, secrétaire : professionnelle œuvrant dans le secteur des Solidarités et sportive, pour elle l’engagement associatif est une évidence. Elle a répondu positivement à l’appel de Cécile pour apporter sa pierre à l’édifice dans ce beau projet !
Denis DIVOUX, trésorier : ancien cadre informatique récemment retraité, passionné de grandes randonnées en montagne, il a parcouru de nombreux massifs à travers le monde, en groupe, en solitaire ou avec des amis comme Corinne et Cécile. Bénévole depuis plus de 30 ans dans le soutien à des projets solidaires, notamment auprès de populations tribales en Inde, il est très attaché au partage et à la transmission et propose aussi des ateliers informatiques pour celles et ceux qui en ont besoin. Amateur de photographie, de cuisine et de moments conviviaux, il aime créer du lien et rassembler les personnes. Il a rejoint l’aventure du Jardin des Roses il y a un an, pour le plaisir d’être dans la nature et d’échanger.
Corinne FLOTA, Membre fondatrice : parcours professionnel dans la fonction publique, dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’environnement. S’est mise au jardinage il y a un peu plus de 10 ans, dans son tout petit potager avec un objectif d’optimisation des cultures dans un espace restreint. Comme et avec Cécile, pratique des sports de montagne notamment. Sensibilisée à la thématique du cancer du sein via sa maman, atteinte il y a plus de 20 ans. Participe à cette belle aventure pour le partage, le jardinage et l’écologie.
Françoise Quatresol, Membre fondatrice : infirmière et retraitée depuis peu, elle aime particulièrement le contact humain et les soins techniques. Elle a participé à la création d'une association pour aider les plus démunis eu Haute-Savoie durant ces jeunes années.
Elle est également passionnée par le milieu montagnard qu'elle affectionne de parcourir lors longues randonnées à pied, à vtt ou à ski. Elle participait activement à la vie du club de montagne en proposant des sorties de moyenne montagne et de ski de randonnée.
Le jardinage, qu'elle pratique depuis de nombreuses années, renforce sa connexion avec la nature ce qui lui est essentiel pour son bien-être émotionnel.
Depuis, la découverte de sa maladie en 2021, elle souhaite partager son savoir-faire et, à travers l'association, participer à cet espace de bienveillance, d'écoute et d'entraide auprès de femmes concernées par la maladie
Lucien Frey, Membre fondateur : Lucien fait partie de la 3ème génération, de maraîchers à Colmar (45 ans d’activité) Il fait des marchés et commercialise des paniers de fruits et légumes. Se sentant concerné par la cause, et connaissant quelques membres fondateurs, c’est naturellement, qu’il occupe la mission de conseiller technique.
Christine, Membre fondatrice : traductrice en japonais et représentante commerciale d’une entreprise japonaise en France, elle s’investit également afin de représenter une marque de lingerie adaptée aux femmes ayant subi une mastectomie. Sportive et attachée à la culture japonaise, elle apporte un profil atypique.
Les personnes adhérentes
L’association s’adresse prioritairement à des personnes touchées par un cancer, tout en restant ouverte à toute personne intéressée par son objet social.
Les femmes atteintes de cancer ne doivent pas rencontrer de contre-indication majeure pour une pratique raisonnée du jardinage.
Le nombre de participant(e)s n’est pas limité par la capacité matérielle du site car il ne constitue pas un critère restrictif d’adhésion (possibilité de bénévolat pour l’aide au jardinage, aux échanges). Un affichage en ce sens permet aux personnes également du quartier à venir y participer. L’accueil au jardin prévoit une formation à la technique du jardinage en carré, le rappel des bases de l’activité, le respect de règles de fonctionnement, les échanges sur des activités à développer (boite à livre, préparation de semis, confection de tabliers de jardin, rencontre thématique, …).
Des temps d’échanges collectifs sont organisés pour partager, faire connaissance et améliorer le fonctionnement du jardin au fur et à mesure et se sentir moins seule. Un programme des animations est prévu pour créer une dynamique tout au long de la saison potagère. sorties de moyenne montagne et de ski de randonnée.
Le jardinage, qu'elle pratique depuis de nombreuses années, renforce sa connexion avec la nature ce qui lui est essentiel pour son bien-être émotionnel.
Depuis, la découverte de sa maladie en 2021, elle souhaite partager son savoir-faire et, à travers l'association, participer à cet espace de bienveillance, d'écoute et d'entraide auprès de femmes concernées par la maladie


